Ennui I

Ennui I
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Discours sur la solitude et la réflexion : première
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J'avais envie d'écrire sans contraintes...

Poe a écrit quelque chose comme ça :

« La vérité est accessible en poésie, mais on l'atteint plus facilement en prose »

Le revers négatif de la beauté est la diff
iculté et la rigueur qu'elle impose, parce qu'elle dépend directement de critères que l'on fixe, tandis que la prose est libre, et libère. C'est vrai mon cher Edgar, il est plus simple de se laisser aller à dire vrai quand on a l'esprit libre.

Je me s
ens mal aujourd'hui. J'ai découvert certaines limites, qui démarquent deux mondes, celui de l'inconnu, de l'incompris, de l'infini, et celui du rassurant, de l'établis, de la suffisance.

Deux clans opposés. De
ux extrêmes parsemés de compromis. La suffisance est une inconnue pour moi. Je rêve d'être inconscient. J'envie la position de ceux que j'ai pour habitude de contredire, ceux que je critique, ceux qui ne comprennent rien, ceux qui ont tous compris, ceux qui m'exaspèrent.

Je me
retrouve trop souvent seul. Je sais pertinemment que chaque seconde de solitude m'éloigne un peu plus des autres. La solitude m'apporte la réflexion. La réflexion m'amène à prendre du recul sur la vie, et la voir d'un oeil extérieur. Je me sens sage. Je me sens seul. Je me sens surtout unique. J'ai l'impression de voir ce que les autres ne voient pas. Je suis enjoué par cette idée.

Quand
je reviens de ces voyages et que je me mêle à la foule sédentaire, j'ai envie de partager ce savoir que j'ai obtenu par l'exil. Les autres ne partagent pas mon avis. Je vais trop loin, j'essaye de convaincre. Je me sens seul. Je suis tenté de forcer les autres à me rejoindre. Plus j'essaye de les amener vers moi et plus ils s'éloignent. Plus ils sont loin et plus je me sens seul, abandonné, seul avec ma vérité. Seul avec ma réflexion. Seul avec la conviction qu'il vaut mieux être le seul à se repaître de la vérité, que de partager le mensonge.

Et pourtant, je voudrais être l'un d'eux.

Je suis en trai
n de changer, d'évoluer considérablement. Je ne saurais pas vous expliquer comment, même si je sais pourquoi, mais c'est un fait, j'entre dans une phase charnière de mon existence, et je n'en sortirai pas comme j'y suis rentré. Je suis sous influence d'une force puissante. Mes points de vue changent. Je suis victime de la relativité.

Je ne sais
pas si le futur panorama qui s'offrira à moi, sera éclaircit ou assombrit. Le pire dans tout cela c'est que je n'y peux rien sinon fort peu. J'ai été conditionné par des siècles d'existence humaine. Je sombre dans cette évidence comme dans un trou noir.

La fatalité de l'évolution...

J'ai peur.

Je res
sens le besoin d'être compris.

Je suis pers
uadé par le pessimisme que c'est impossible.

# Posté le dimanche 30 avril 2006 08:40

Modifié le dimanche 17 septembre 2006 04:50

Ennui II

Ennui II
La réflexion :

« Souvent la flexion nous rapproche du bon chemin et nous écarte des autres »


Quand on est seul à réfléchir, on apparaî
t comme inutile, comme fou. Il n'y a rien de pire que d'être méprisé. Le mépris est l'une des pires habitudes humaines. Je haie tous les sentiments et réactions qui découlent de la facilité de juger trop vite et de ne pas essayer de comprendre les gens différents de nous. Ceux qui ont des pensées alternatives, de l'originalité. Cette vilité qui est la source du racisme et de la haine. Cette fermeture résistante de l'esprit. Ces bornes indélogeables, qui enferment dans la normalité.

Je suppose que je dis cela
parce que j'en fais les frais, mais je reconnais que moi aussi je suis borné sur certains points. J'ai la conviction que la réflexion est une mesure de sécurité. Peut-être je le dis pour que vous pensiez que je ne le suis pas, parce qu'en fait je ne le suis pas et je mens pour faire naître en vous une vérité. Moi aussi, je suis habité par cette facilité. Je ne peux m'en défaire, c'est une des composantes de l'espèce humaine. Je peux m'en extraire de temps en temps, mais je suis comme soumis à l'apesanteur de la fatalité, qui fait que je ne peux être autre chose qu'un homme.

Un homme est comp
osé d'un corps et d'un esprit. Le corps est un nid, l'esprit est un oiseau. L'esprit ne vole jamais très loin du nid. Les fous sont des oiseaux migrateurs. La réflexion est l'envol, la découverte. Les gens ne font d'ordinaire que les vols qui sont nécessaires à leur survie. Ils sortent du nid pour aller chercher de la nourriture. Moi je n'aime pas m'enfermer dans mon nid. J'aime découvrir l'espace autour et je m'envole.

Par
adoxalement, à l'échelle humaine, la réflexion se fait plus aisément le corps immobile. La réflexion met le corps en pause comme une mort temporaire. Mon corps reste souvent au même endroit et ne voit pas beaucoup d'endroit. Cette lacune fait qu'il apparaît d'autant plus anormal aux yeux des autres qui le considèrent triste, inactif, amorphe. La vie rime essentiellement avec mouvement dans notre appréciation.

On ne peut voir
ni toucher l'esprit. On ne peut voir son trajet son vol et on ne peut voir ce que cela a apporté si ce n'est lorsque l'on fait des voyages en groupe. Alors là on connaît le chemin et les autres en sont souvent étonnés. En revanche, c'est difficile de les amener à passer par un endroit qu'ils ne connaissent pas. Ils ont peur et ne vous font pas confiance. Ceci développe encore le sentiment de solitude.

Mais c'est un choix.

J'ai fait ce choix d'être seul dans ma ré
flexion, et je le refais chaque jour parce que je n'ai plus envie de faire vivre mon corps qui ne comprends rien et agis juste par réaction nerveuse. Pourtant je sais par d'autres théories qui seront vraies dans quelques siècles que ce corps est mon esprit et que les deux ne font qu'un mais comment s'y retrouver si on ne peut les dissocier ?

# Posté le dimanche 30 avril 2006 09:55

Modifié le vendredi 25 mai 2007 02:55

Ennui III

Ennui III
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La vie entière est une contradiction et j'aime l'humanité au moins autant que je la déteste!


J'avance vers mon destin en regardant ou
je mets les pieds, et en me retournant sur mon passé. Je suis indécis. Parfois, je voudrais sauver le monde, parfois je voudrais le détruire. Il y a sans cesse une cohabitation entre les deux opposés. Il est une notion qui m'apparaît absolue dans l'univers, c'est l'équilibre.

N'avez-vous jamais remarqué l'action de cette force déterminative invisible, qui fait que les choses tendent à s'équilibrer ?

Certes elles oscillent a
utour de cet équilibre mais si ce n'était pas le cas, il n'y aurait alors aucune notion d'équilibre, puisque ce sont justement les deux points opposés qui justifient l'existence d'un milieu. Un juste milieu ?

Cons
tatant cet équilibre, il apparaît alors cette notion de justice. La justice est-elle absolue ? Selon moi, non ! La justice est relative, c'est une affaire de point de vue, mais seulement si l'on parle de la justice humaine. Si on transpose la justice à cet équilibre, il apparaît comme juste que pour un individu, un état quelconque de son existence soit représenté aussi bien en dessous, qu'au-dessus de l'équilibre de cet état.

L'équilibre étant représenté par différe
ntes forces en fonction du temps, la résultante ultime, la conclusion de la vie doit alors aboutir à une force nulle. Cependant, ce serait donner trop d'intérêt à la vie humaine pour terminer ainsi. Non, en effet, l'équilibre n'est pas un mécanisme à l'échelle humaine. On peut en ressentir certains effets durant cette courte vie, mais il est si variant ce temps apparaît comme bien trop court pour en être l'unique socle.

Mal
gré tout, si l'on ne s'intéresse à l'équilibre que durant le temps d'une courte vie. La première constatation de cette fatalité est que tout homme ayant vécu a connu la naissance et la mort. Le point d'équilibre se trouverait alors dans le milieu de la vie ?

Cette supposition ne me convient pas.

Occultons volontairement toutes les hypothèses concernant une continuation de la vie, par la transcendance de l'âme. Je suis inscrit dans la matière et ne peut guère m'en défaire, ainsi je préfère accorder du crédit à la science et mes connaissances scientifiques pour en énoncer une hypothèse cohérente. Cela étant dit, je sais que je ne sais rien et que la certitude est d'autant plus absurde que la vérité est illusion.

Cepe
ndant, c'est selon moi, en acceptant d'être de la matière, en reconnaissant n'être que de la matière que l'on peut trouver une partie de réponse à certaines grandes questions. L'équilibre m'amène donc à m'interroger sur ce que l'on peut appeler abusivement « la vie après la mort ».

Revenons d'abord
sur le point d'équilibre de la vie d'un homme. Il semble absurde que celui-ci soit au milieu temporel de son existence. L'homme n'est pas absolu. Il n'est que la terminaison d'une suite d'évolutions physiques et chimiques, et par extension, anatomiques, organiques, culturelles et spirituelles. C'est l'histoire de la cellule devenue après quelques millions d'années, une cellule plus grosse aux aptitudes plus développées. Il faut selon moi chasser directement cette idée qui considère l'homme comme le fruit d'une volonté supérieure, façonnée à l'image d'un dieu.

Je précise que je n'ai rien co
ntre les religions et les hommes qui s'y rattachent. Je connais assez la nature de l'homme pour accepter les choix de facilité qu'il prends dans sa vie, dans l'optique de rendre son voyage plus agréable. Nous préférons dans l'ensemble un mensonge rassurant et certain, qu'une vérité inquiétante. Toujours est-il que selon moi, l'homme est un amas d'atomes qui se déplace dans l'espace, donc qui décrit une variation dans le temps sur l'ensemble de l'univers, et à mon sens, la mort n'existe pas plus que la vie.
La vie et la mort marquent le début et la fin d'une étape de conscience de cet amas d'atomes, mais elles ne sont qu'un repère décrit par l'homme. C'est sur ce repère que je place le point d'équilibre.

La mort et la naissance sont un même point d'équilibre ...
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# Posté le dimanche 30 avril 2006 10:04

Modifié le vendredi 25 mai 2007 02:57

Ennui IV

Ennui IV
Si vous avez tout suivi, alors vous comprenez que l'équilibre de la vie, joue entre cette phase ou l'amas d'atome prends une structure relativement fixe pendant une période définie par la « durée de vie », et pendant laquelle un esprit se crée, et l'autre phase durant laquelle les atomes non associés errent dans l'univers.

L'esprit né de la combinaison atomique.

C'est p
ourquoi selon ma théorie, il n'y a pas de mort au sens habituel mais seulement une évolution permanente et indépendante de la volonté. Les atomes ont une durée de vie énorme, d'une longueur quasi-infinie. La probabilité pour qu'un des atomes qui composent actuellement mon corps ait aussi composé à un instant T le corps d'une personne X, Napoléon par exemple, est négligeable et pourtant, chacun des atomes qui me composent et qui selon moi décrivent l'allure de mon esprit ont une histoire, et ont traversé la notre, celle de l'homme, et continuerons alors que l'homme aura disparu de l'univers. Les atomes d'un corps mort ne restent pas enfermés dans ce corps, ils continuent d'évoluer.

Selon moi, la mort est une faibless
e qui est née d'un penchant certain de l'humain pour la tristesse, la tragédie et toutes les émotions humaines qui décrivent notre activité cérébrale. On s'émerveille du cycle de la nature lorsqu'il nous montre combien il est parfait, équilibré, et d'une implacable continuité, et on le voudrait différent l'espace d'une courte et misérable vie.

On appelle destin et fatalité ce que j'appelle équilibre.

Nos vies sont insignifiantes.

La vie ne veut r
ien dire. Voici une partie de ma vérité. L'humain s'est inventé un monde. L'homme traverse le temps en alimentant un mensonge. Ce mensonge qu'il a créé dés l'apparition d'une conscience trop lourde. Les mensonges que l'on crée chaque jour, dés lors qu'on rentre dans le jeu. Dés l'instant ou l'on pactise avec la vie, on s'assujettis à toutes les notions que l'homme a inventé en oubliant la seule vérité du monde qui mérite ce nom : l'infini.

Il n'y a
aucune limites, aucune entrave à l'infini...

Et
pourtant, je n'y comprends rien, parce que j'ai refusé de comprendre il y a cent millions d'années. L'infini est trop complexe pour mon cerveau limité. L'infini est insaisissable...
L'in
fini est perfection, l'infini est vérité, car l'infini est toutes les solutions.

Mais c
omme dans un film, on accepte que le scénario ait des ratés pour que le film garde son sens, parce que la vérité anéantis toute alternative, parce que l'on se refuse à l'absolu, parce qu'il faut nécessairement une « happy end ». Parce que l'équilibre est douloureux, parce que nos vies sont routinières, parce qu'il est plus interessant de lire "le monde" assis à une table au milieu des gazs d'échappement que de sauter du haut d'une montagne pour s'éclater le crâne sur les rochers.

Tout ce qui rime avec mort et so
uffrance, toute notion de bien ou de mal, toutes ces idées préconçues qui nous guident, voilà le destin, voilà la fatalité. Voici comment l'homme a décider de troquer sa liberté contre une prison rassurante.

Mon rêve, serait de savoir m'extraire de cette condition...

Mon rêve serait de mourir en sachant que c'est le déb
ut...

Mon rêve serait d'arrêter de penser...

Mon rêve serait d'
arrêter de rêver...

Je veux que dans ma tête règne le silence..
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Alors après tout ça, vous me direz : « mais qu'est-ce qu'il faut faire alors ? Si la vie est un mensonge, si la mort n'existe pas, si la vérité ne concerne pas l'homme ? »... rien...

Et
si vous avez tout compris, ou rien du tout, vous tournerez la page, vous fermerez le livre, vous écrirez la suite...
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# Posté le dimanche 30 avril 2006 10:40

Modifié le samedi 26 mai 2007 16:22

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Doux silence apaisant...
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# Posté le dimanche 30 avril 2006 10:54

Modifié le dimanche 30 avril 2006 12:34