- Prisons -
Chapitre 1 - Reveil
Chapitre 1 - Reveil
Toc ! Toc ! Toc !
Quelle heure est-il ?
Je n'ai pas encore réalisé que je suis rentré chez moi. Il fait noir dehors, j'entends une voiture partir dans un crissement de pneu. Qu'ai-je fait la nuit dernière ?
Personne ! Il n'y a personne derrière la porte mais un bout de papier journal.
On y a griffonné quelque chose entre les lignes d'un article... « 19.30 », « aujourd'hui », « porte est » et je ne vois pas la dernière inscription - « pro...t ci...b...s » - qu'est-ce que cela veut dire ?
C'est le journal d'aujourd'hui, la date est à moitié visible.
C'en est trop pour cette heure de la matinée, je réfléchirais à cela après un café. Le flou dans mes yeux augure une journée déjà trop longue - tout est au ralenti ! J'ai l'impression d'avoir marché des heures pour arriver à la cuisine et sortir une tasse propre de l'armoire. Qu'est-ce que je fais chez moi ? J'entends une petite voix, un murmure, le living...
J'arpente le chemin de cartons qu'a laissé Krista. Le combiné pend dans l'air en se balançant, comme si on venait de le laisser tombé. Je le saisi mais avant même de le porter à mes oreilles, je prends conscience que l'on vient de raccrocher de l'autre coté de la ligne. Les murmures sont devenus des bips courts qui rebondissent sur les parois de mon cerveau. Ma main échappant à mon contrôle tombe comme une pierre pour raccrocher l'appareil dans un dernier bruit qui s'évanouit dans les recoins de l'appartement. A cet instant, je me rends compte que celui-ci est exagérément silencieux.
Note personnelle : Penser à acheter du café.
Il faut que je prenne une douche, et que je trouve mon aspirine, ma tête va exploser. L'appartement me parait froid depuis qu'elle est partie. On dirait que tout résonne, il me reste encore quelques heures de marche, cette douche me réveillera. La froidure du carrelage sous mes pieds nus ne fait qu'engourdir encore plus ma perception. J'ai l'impression que je vais m'évanouir à chaque pas. Enfin le dernier. J'éprouve une sensation, mon reflet sur le miroir m'est étranger, il m'observe à chaque déplacement. Je m'en approche en titubant. Je comprends à la vue des cernes gravés sur mon visage que je n'ai pas rêvé ce qu'il s'est passé. Je suis bien sorti la nuit dernière. Je scrute mon visage à la recherche d'une marque témoignant cette bagarre dont je me rappelle, mais ce flash interrompt ma quête, je vacille, mes yeux brûlent. Ma tête... les poignards y rentrent et sortent sans prévenir, j'avale plusieurs comprimés. Dans un effort désespéré, je rentre dans la cabine, et j'actionne le robinet d'eau froide. A peine trempé que le bruit de l'eau résonant sur mon corps m'est insupportable. Mais qu'ai-je fait la nuit dernière ?
Ce bruit, j'ai entendu ce bruit hier – il pleuvait – j'étais en train de suivre un homme.
Je retrouve peu à peu mes esprits. Les images défilent, je me suis battu. Les douleurs musculaires dans mes épaules viennent confirmer mes visions. Je ne me rappelle pas ce qu'il s'est passé ensuite ni comment je me suis retrouvé dans mon lit. J'étais sur une affaire, j'enquêtais sur une affaire ...



