Rêve...
Elle avait de longs cheveux châtains et des grands yeux verts...
J'ai sans aucun doute oublié l'essentiel mais je me rappelle de ces quelques détails vagues...
Je ne l'avais jamais vue auparavant, ni elle ni les autres. Toutes, des inventions, toutes imaginées, par l'esprit d'un fou endormi. Les locaux étaient eux différents, mais les morceaux qui le composaient rappelaient sans faille mes anciennes maisons. Les plans se modelaient à mesure que mon cerveau levait les incohérences physiques étrangères au rêve.
Leur salle était principalement colorée par un jaune léger, et les tables ne m'étaient pas étrangères, tout comme ce bon vieux professeur d'économie. Elles étaient apparemment, donc, dans une filière à dominante commerciale et il n'y avait que des filles. Il ne m'étonne pas que mon inconscient d'individu post-adolescent m'ait suggéré cette répartition exagérée.Mise en situation...
Déposition, aveux et execution...
Retour à une réalité tout aussi factice...
Le réveil insensible à mes rêves me rappela à la vie.
Je voulais y retourner...
Elle est morte!
Elle avait de longs cheveux châtains et des grands yeux verts...
J'ai sans aucun doute oublié l'essentiel mais je me rappelle de ces quelques détails vagues...
Je ne l'avais jamais vue auparavant, ni elle ni les autres. Toutes, des inventions, toutes imaginées, par l'esprit d'un fou endormi. Les locaux étaient eux différents, mais les morceaux qui le composaient rappelaient sans faille mes anciennes maisons. Les plans se modelaient à mesure que mon cerveau levait les incohérences physiques étrangères au rêve.
Leur salle était principalement colorée par un jaune léger, et les tables ne m'étaient pas étrangères, tout comme ce bon vieux professeur d'économie. Elles étaient apparemment, donc, dans une filière à dominante commerciale et il n'y avait que des filles. Il ne m'étonne pas que mon inconscient d'individu post-adolescent m'ait suggéré cette répartition exagérée.
Je suis arrivé dans l'établissement à torse nu, avec mon t-shirt à la main, et j'ai couru dans leur salle, comme si je savais ou j'allais, sans n'avoir jamais vu les lieux. Je rentrais dans la salle vide mais elles rentrèrent, elles aussi. J'ai dit « ah zut ! j'allais me rhabiller », et l'une d'elle, celle qui attira mon regard en premier me dit avec un air coquin : « Dommage ».
Une fois éveillé, c'est facile de trouver la situation absurde, mais là-bas, c'est tout ce qu'il y a de plus normal. Ainsi je décidais de m'en aller avant de lui avoir répondu avec un sourire aux lèvres : « on en reparlera plus tard... » , et puis tout naturellement, je décidais de rester. Au diable mes cours. Et au diable le problème du t-shirt que je portais maintenant (il avait disparu de mes mains). Je m'assis à coté de Geneviève. Cette fille si belle à laquelle mon cerveau avait préféré attribuer un nom horrible. Cependant, je ne savais pas encore quel était son nom.
Je décidais de prendre le cours en note, et je discutais avec elle. Je lui écris un poème et on se donna rendez-vous. C'est normal d'écrire un poème à une fille que l'on connaît depuis un quart d'heure. Elle me confia qu'elle voulait en savoir plus.
Elle connaissait le langage des sourds-muets... Mais d'une certaine manière, elle me comprenait sans que je ne dise quoique ce soit...ou que je bouge...elle lisait en moi...
Une fois éveillé, c'est facile de trouver la situation absurde, mais là-bas, c'est tout ce qu'il y a de plus normal. Ainsi je décidais de m'en aller avant de lui avoir répondu avec un sourire aux lèvres : « on en reparlera plus tard... » , et puis tout naturellement, je décidais de rester. Au diable mes cours. Et au diable le problème du t-shirt que je portais maintenant (il avait disparu de mes mains). Je m'assis à coté de Geneviève. Cette fille si belle à laquelle mon cerveau avait préféré attribuer un nom horrible. Cependant, je ne savais pas encore quel était son nom.
Je décidais de prendre le cours en note, et je discutais avec elle. Je lui écris un poème et on se donna rendez-vous. C'est normal d'écrire un poème à une fille que l'on connaît depuis un quart d'heure. Elle me confia qu'elle voulait en savoir plus.
Elle connaissait le langage des sourds-muets... Mais d'une certaine manière, elle me comprenait sans que je ne dise quoique ce soit...ou que je bouge...elle lisait en moi...
Déposition, aveux et execution...
« Je sais que c'est bidon, mais tu as des yeux magnifiques, j'en ai jamais vu de pareil, quand on te regarde dans les yeux, on voit, non on voudrait voir derrière, tellement c'est beau, on a tendance à s'y enfoncer, à s'y perdre »
C'est dans ma nuit que je m'enfonçais, mais à cet instant précis, qui pouvait le savoir. Pas moi en tout cas.
Cette phrase tellement courante, et tellement old-school que dénuée de romantisme, m'a paru la chose la plus vraie dans ma tête à cet instant précis. J'ai eu l'impression de crier pour une fois la vérité du monde. J'ai vu que ça l'avait touché. Ça m'avait touché.
C'est dans ma nuit que je m'enfonçais, mais à cet instant précis, qui pouvait le savoir. Pas moi en tout cas.
Cette phrase tellement courante, et tellement old-school que dénuée de romantisme, m'a paru la chose la plus vraie dans ma tête à cet instant précis. J'ai eu l'impression de crier pour une fois la vérité du monde. J'ai vu que ça l'avait touché. Ça m'avait touché.
Retour à une réalité tout aussi factice...
Après une bonne heure, je signalais à leur professeur mon désir de regagner ma salle de classe en m'excusant d'avoir profiter de son cours. Je suis sorti et mes amis m'attendaient à la sortie. Je leur demandais naïvement : « elle m'a noté absent ? ». La réponse fut affirmative bien évidemment, j'avais séché un cours pour la seconde fois dans ma vie, et cette fois encore pour une fille. Ils m'apprirent aussi qu'on avait fini les cours, ce qui sur l'instant m'a rappelé que mon rendez-vous de midi serait d'autant plus long à attendre. Je crois leur avoir expliquer vaguement la situation.
Les filles sont sorties de leur cours et je l'ai vu, elle m'a dit de loin « ça tient toujours ? » ou peut-être c'était moi. Enfin elle a confirmé, donc j'étais heureux.
Au moment du rendez-vous, la FAC était devenue une vaste forteresse de style moyenâgeux, mais merveilleux. Un style de comte de fée.
Ce n'était qu'un rêve...
Les pièces étaient muent par ma pensée incontrôlable, et nous courions à travers elles, comme si nous étions dans une galerie marchande, dans les halles d'un magasin. On cherchait quelque chose, l'un avec l'autre, main dans la main, nous voulions nous évader de cette prison. Quand nous avons enfin réussi à sortir, elle s'effondra.
Les filles sont sorties de leur cours et je l'ai vu, elle m'a dit de loin « ça tient toujours ? » ou peut-être c'était moi. Enfin elle a confirmé, donc j'étais heureux.
Au moment du rendez-vous, la FAC était devenue une vaste forteresse de style moyenâgeux, mais merveilleux. Un style de comte de fée.
Ce n'était qu'un rêve...
Les pièces étaient muent par ma pensée incontrôlable, et nous courions à travers elles, comme si nous étions dans une galerie marchande, dans les halles d'un magasin. On cherchait quelque chose, l'un avec l'autre, main dans la main, nous voulions nous évader de cette prison. Quand nous avons enfin réussi à sortir, elle s'effondra.
Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip Biiiiiiiiiiiiiiiip Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
Le réveil insensible à mes rêves me rappela à la vie.
Je voulais y retourner...
Je pris conscience que j'étais dans mon lit, chez moi, que rien n'avait changé...
Je voulais y retourner, elle me manquait déjà alors que je commençais à pleurer intérieurement...Je savais que je ne la reverrai plus, que je ne la rêverai plus...
Je ne me rappelle de rien, presque rien, juste du sentiment qu'elle m'a inspiré...
Je me rappelle que j'ai été ému. La réalité me parait affreuse durant ces réveils, et elle m'effraye. Je reprends conscience en me disant que tout ceci est absurde, que je ne dois pas me mettre dans un tel état pour une fille que j'ai créé de toute pièce inconsciemment.
J'ai peur. C'est grave de s'émouvoir soi-même, on se demande si l'on peut être ému par d'autres. Je suis assez fou pour m'être inventé une histoire qui m'a semblé naturelle et réelle, et je me sens trop terre à terre pour être capable de revivre celle-ci.
Une lecture desordonnée comme un rêve...Je voulais y retourner, elle me manquait déjà alors que je commençais à pleurer intérieurement...Je savais que je ne la reverrai plus, que je ne la rêverai plus...
Je ne me rappelle de rien, presque rien, juste du sentiment qu'elle m'a inspiré...
Je me rappelle que j'ai été ému. La réalité me parait affreuse durant ces réveils, et elle m'effraye. Je reprends conscience en me disant que tout ceci est absurde, que je ne dois pas me mettre dans un tel état pour une fille que j'ai créé de toute pièce inconsciemment.
J'ai peur. C'est grave de s'émouvoir soi-même, on se demande si l'on peut être ému par d'autres. Je suis assez fou pour m'être inventé une histoire qui m'a semblé naturelle et réelle, et je me sens trop terre à terre pour être capable de revivre celle-ci.
Elle est morte!



